Droits de mutation immobilière : calcul, taux et exonérations de l’impôt sur la mutation
L’impôt sur la mutation est un impôt dû par l’acheteur lors d’une vente immobilière.
- Acquéreur seul redevable des droits de mutation.
- Paiement effectué à la signature de l’acte authentique.
- Total DMTO d’environ 5,80 % du prix pour un bien ancien.
- 0,715 % seulement pour un achat dans le neuf ou VEFA.
- Le notaire collecte et reverse les sommes au Trésor public.
- Taxe départementale majorée à 5 % avec la taxe communale de 1,20 %.
Comment calculer les droits de mutation lors d’une vente immobilière ?
Le calcul des droits de mutation repose sur la valeur du bien cédé, à laquelle s’ajoutent certaines charges et indemnités stipulées dans l’acte de vente. Ce montant sert de base à l’application de plusieurs taux successifs, qui composent ce que l’on appelle les DMTO (droits de mutation à titre onéreux).
La formule comprend trois strates distinctes : la taxe départementale (dont le taux maximal a été porté de 4,50 % à 5 %), la taxe communale additionnelle fixée à 1,20 %, et les frais d’assiette et de recouvrement perçus par l’État, soit 2,37 % du montant de la taxe départementale. Pour un bien ancien dans un département appliquant le taux maximal, le total atteint environ 5,80 % du prix de vente.
Le tableau ci-dessous synthétise les éléments qui composent le calcul :
| Élément d’assiette | Taux | Base de calcul |
| — | — | — |
| Taxe départementale | Jusqu’à 5 % | Prix du bien + charges |
| Taxe communale additionnelle | 1,20 % | Prix du bien + charges |
| Frais d’assiette et de recouvrement | 2,37 % | Montant de la taxe départementale |
| Total DMTO (département à taux maximal) | Environ 5,80 % | Prix du bien + charges |
Les particularités du calcul selon le type de bien
Pour un bien ancien, le taux départemental peut atteindre 5 % depuis l’augmentation maximale autorisée de 0,5 point. En revanche, l’achat d’un bien neuf ou en VEFA bénéficie d’un traitement plus favorable : seuls 0,715 % s’appliquent sur le prix hors taxes. Un taux réduit d’environ 0,75 % concerne également les biens vendus sous le régime de la TVA ou revendus dans un délai de 5 ans.
Ce que représente réellement chaque fraction
Il est essentiel de comprendre que l’impôt ne constitue qu’une partie des frais d’acquisition. Sur l’ensemble des sommes versées lors d’une vente immobilière ancienne, les droits de mutation représentent entre 3,8 % et 5 % du prix, tandis que les émoluments du notaire et les débours comptent pour environ 10 % du total des frais.
En pratique, ces frais sont généralement perçus comme un ensemble : les frais de notaire moyens oscillent entre 7 % et 8 % du prix pour un bien ancien, un montant comprenant également les taxes communale et départementale, la rémunération de l’étude notariale et les frais annexes. C’est le notaire qui se charge de la collecte et de la redistribution de ces sommes aux collectivités et au Trésor public.
Qui paie les droits de mutation lors d’une vente ?
Cette mécanique de taxes locales additionnées se retrouve dans d’autres impositions assises sur la propriété, à commencer par la taxe foncière qui frappe garages et dépendances.

Dans le cadre d’une vente immobilière, la charge de l’impôt sur la mutation incombe systématiquement à l’acquéreur. Le vendeur n’a aucun droit de mutation à régler, même si les frais de notaire sont souvent déduits du prix de vente perçu. Cette règle s’applique à tous les types de biens, qu’ils soient anciens ou neufs.
Le paiement s’effectue au moment de la signature de l’acte authentique, simultanément au règlement du prix. Le notaire, en tant que collecteur unique, calcule les droits, les perçoit auprès de l’acheteur, puis les reverse au Trésor public et aux collectivités locales. Cette somme doit être versée avant la publication de la vente, à l’image des formalités décrites dans un guide 2025 tutelles, au service de publicité foncière pour rendre l’opération opposable aux tiers, comme la taxe foncière d’un garage de 20 m² qui pèse sur le seul propriétaire.
Quels sont les taux des droits de mutation selon le type de bien ?
Le montant de l’impôt varie fortement selon la nature du bien vendu, à l’image de la taxe foncière dont le calcul dépend aussi de la nature du bien, comme le calcul taxe foncière garage dépend de la nature du local. On distingue trois situations principales : l’achat dans l’ancien, l’achat dans le neuf et l’achat d’un terrain. Les écarts de taux sont considérables, allant de 0,715 % pour certains biens neufs à près de 5,80 % pour un logement ancien.
Taux applicables aux ventes de biens anciens
Pour un logement ancien, les droits de mutation se composent de plusieurs taxes additionnées, qui représentent la majeure partie des frais de notaire :
– Taxe départementale : son taux peut atteindre 5 % du prix de vente, après la hausse autorisée de 0,5 point.
– Taxe communale additionnelle : elle s’ajoute systématiquement à hauteur de 1,20 %.
– Frais d’assiette et de recouvrement : ils représentent 2,37 % du montant de la taxe départementale, prélevés par l’État pour le service de la publicité foncière.
Au total, le taux effectif des droits de mutation pour un bien ancien atteint environ 5,80 % du prix d’achat dans un département au taux maximal. Pour un achat à 200 000 €, cela représente près de 11 600 € de taxes, auxquels s’ajoutent les émoluments du notaire (environ 10 % du total des frais) d’où une moyenne globale de 7 % à 8 % de frais de notaire pour l’ancien.
Taux réduits pour biens neufs et terrains
L’achat d’un bien neuf ou d’un terrain ouvre droit à des taux considérablement réduits. La logique est simple : ces opérations sont déjà soumises à la TVA immobilière, l’État évite donc une double imposition.
– Vente en l’état futur d’achèvement (VEFA) ou logement de moins de 5 ans : le taux est ramené à 0,715 % du prix hors taxes. Pour un appartement neuf à 300 000 € HT, les droits ne dépassent pas 2 145 €.
– Terrain à bâtir ou bien vendu sous le régime de la TVA : le taux réduit est de 0,75 %, à condition que le vendeur s’engage à revendre le bien sous 5 ans.
Ces taux réduits expliquent pourquoi les frais de notaire dans le neuf sont si faibles par rapport à l’ancien. Concrètement, pour un même prix d’acquisition, la part revenant à l’impôt peut être huit fois inférieure dans le neuf. Ce différentiel de taxation est un critère majeur à intégrer dans votre budget, que vous soyez acquéreur d’une résidence principale ou d’un investissement locatif.
Qu’est-ce que les droits de mutation ? Définition et principes
Les droits de mutation sont un impôt prélevé par l’État à chaque transfert de propriété d’un bien immobilier, qu’il s’agisse d’une vente, d’une donation ou d’une succession. Ils constituent l’essentiel des frais de notaire, qui comprennent aussi la rémunération de l’étude et les débours.
On distingue les mutations à titre onéreux (ventes) et les mutations à titre gratuit (donations, successions). Dans les deux cas, le notaire agit comme collecteur unique : il calcule les droits, les perçoit auprès du nouveau propriétaire (acquéreur, donataire ou héritier), puis les reverse au Trésor public et aux collectivités. La part revenant à l’étude notariale ne représente qu’environ 10 % du total, le reste étant composé de taxes et d’impôts.
Exonérations et cas particuliers d’exonération sur les droits de mutation
- Primo-accédants : exonération ou abattement possible, sous conditions de ressources et d’occupation du logement à titre de résidence principale pour une durée minimale de 5 ans.
- Engagement de revente : un taux réduit de 0,75 % s’applique si l’acquéreur s’engage à revendre le bien sous 5 ans.
- Mobilier déductible : la valeur du mobilier vendu avec le bien peut être déduite de l’assiette imposable.
- Conjoint et partenaire de Pacs : exonération totale des droits de succession ou de donation, avec un abattement de 80 724 €.
- Pacte Dutreil : exonération de 75 % sur la valeur des parts sociales lors d’une transmission d’entreprise avec engagement collectif.
- Dons familiaux : exonération renforcée jusqu’au 31 décembre 2026 pour les dons d’argent ou les donations de logements neufs ou rénovés.
Les exonérations de plein droit en faveur des primo-accédants ont été renforcées. Elles portent sur les ventes de biens anciens ou neufs acquis en direct ou en VEFA. L’acquéreur doit néanmoins respecter un engagement de conservation du bien comme résidence principale pendant 5 ans. Le non-respect de cet engagement entraîne le rappel des droits et des intérêts de retard.
Concernant l’abattement résidence principale, une déduction de 20 % de la valeur du logement est applicable lors d’une succession, sous réserve que l’héritier conserve le bien pendant une durée minimale. Pour les mutations à titre gratuit, les abattements varient selon le lien de parenté : 100 000 € entre parent et enfant, 31 865 € pour un petit-enfant, 15 932 € pour un frère ou une sœur, et 5 310 € pour un arrière-petit-enfant.
Enfin, le mandataire successoral peut déduire ses frais dans la limite de 10 000 €, avec un taux de rémunération plafonné à 0,5 %. Les personnes invalides à 50 % bénéficient d’une réduction des droits, plafonnée à 305 € pour les mutilés de guerre.
Cadre légal : dispositions fiscales applicables aux droits de mutation
Fondements juridiques et territorialité
Les droits de mutation sont strictement encadrés par le Code général des impôts (CGI). Les textes de référence se trouvent principalement aux articles 683, 1594 D, 1584 et 1647 V. Le point de départ légal de toute vente repose sur l’article 1582 du Code civil, qui définit la notion même de vente comme une convention par laquelle l’une s’oblige à livrer une chose, et l’autre à la payer. C’est ce socle civil qui déclenche l’application du droit fiscal.
La territorialité de l’impôt est un principe fondamental. Les droits sont dus à l’occasion de la publication de l’acte au service de publicité foncière dont dépend la situation du bien immobilier, et non pas celle du domicile du vendeur ou de l’acquéreur. L’administration fiscale détaille ces règles dans le BOI-ENR-DMTOI-10-10-20 (pour l’assiette) et le BOI-ENR-DMTOI-10-10-30 (pour le champ d’application).
Ces textes précisent notamment la distinction entre les mutations à titre onéreux (les ventes) et les mutations à titre gratuit (donations et successions). Le régime fiscal applicable à la nature juridique de l’opération est fondamentalement différent. Les règles de territorialité figurent spécifiquement aux articles 750 ter et suivants du CGI, qui précisent les critères de rattachement des biens au territoire français.
Références pour les mutations à titre gratuit
Pour les donations et successions (mutations à titre gratuit), le cadre juridique est distinct. Il est principalement régi par les articles 750 ter à 808 du CGI. Les barèmes progressifs applicables dépendent du lien de parenté avec le défunt ou le donateur, et intègrent les abattements comme celui de 100 000 € pour un parent ou un enfant.
La qualification juridique du bien est aussi un enjeu : le Code civil définit ce qu’est un immeuble par nature aux articles 517 à 526. Cette qualification est indispensable pour déterminer si la mutation relève bien des droits immobiliers. La doctrine administrative (BOI) complète le dispositif pour préciser les cas de figure complexes, par exemple lorsqu’une société est propriétaire du bien. Dans ce cas, la cession de parts peut être requalifiée en mutation immobilière, avec application de l’exonération de 75 % sur la valeur des parts si l’activité est professionnelle.
